Talvère?

Pour restituer l’importance du vivant, il faut mener une bataille culturelle

Imaginez cette fable : une espèce fait sécession. Elle déclare que les dix millions d’autres espèces de la Terre, ses parentes, sont de la «nature». À savoir : non pas des êtres mais des choses, non pas des acteurs mais le décor, des ressources à portée de main. Une espèce d’un côté, dix millions de l’autre, et pourtant une seule famille, un seul monde.

Cette fiction est notre héritage. Sa violence a contribué aux bouleversements écologiques. C’est pourquoi nous avons une bataille culturelle à mener quant à l’importance à restituer au vivant. Ce livre entend y jeter ses forces. En partant pister les animaux sur le terrain, et les idées que nous nous faisons d’eux dans la forêt des savoirs. Peut-on apprendre à se sentir vivants, à s’aimer comme vivants? Comment imaginer une politique des interdépendances, qui allie la cohabitation avec des altérités, à la lutte contre ce qui détruit le tissu du vivant? Il s’agit de refaire connaissance : approcher les habitants de la Terre, humains compris, comme dix millions de manières d’être vivant.

  • Baptiste Morizot est écrivain et maître de conférences en philosophie à l’université d’Aix-Marseille. Il est l’auteur des Diplomates. Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant (Wildproject, 2016) et, chez Actes Sud, de Sur la piste animale.
  • Manières d’être vivant — Enquêtes sur la vie à travers nous, de Baptiste Morizot, postface d’Alain Damasio,
    éditions Actes Sud, février 2020, 336 p., 22 euros.

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