Ethique du care ou éthique de la sollicitude

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89thique_de_la_sollicitude

L’éthique de la sollicitude, plus souvent appelée éthique du care (de l’anglais ethics of care), est un courant de la philosophie morale contemporaine fondé par Carol Gilligan, qui se rattache au féminisme. La « sollicitude » est employée dans ce courant selon une acception particulière, qui regroupe un ensemble de sens : attention aux autres, soin, responsabilité, prévenance, entraide, prise en compte des besoins, des relations et des situations particulières, travail et accent sur la vulnérabilité et la dépendance des personnes concrètes.

L’éthique du care place au cœur de sa réflexion l’effet de nos choix et actions au quotidien, par opposition à des théories abstraites de la justice, élaborées à partir de principes. À l’origine, Carol Gilligan, collègue de Lawrence Kohlberg, critique son échelle de développement moral. En tentant de comprendre pourquoi les femmes ont tendance à se situer dans les stades inférieurs de cette échelle, elle développe une réflexion qui mène à l’éthique du care. De plus, les travaux du care sont largement attribués aux femmes dans la famille et la société, tout en étant marginalisés et dévalorisés. Gilligan veut redonner une importance et une considération à ces travaux à partir de son livre fondateur Une voix différente, paru en 1982.
 

La morale a-t-elle un sexe ? Les femmes et les hommes ont-ils un sens différent de la moralité ? Une telle question donne la mesure de l’immense débat qu’a suscité le livre de Carol Gilligan, catalyseur des réflexions féministes sur une éthique qui valorise le souci des autres : le care. Aux États-Unis, Une voix différente est le texte le plus lu et le plus cité de la « deuxième vague » du féminisme. Il a ouvert un débat politique crucial, entre éthique de la justice et éthique du care, entre une moralité centrée sur l’équité, l’impartialité et l’autonomie et une moralité formulée « d’une voix différente », reconnue le plus souvent dans l’expérience des femmes, et fondée non sur des principes mais sur une question : comment faire, dans une situation donnée, pour préserver et entretenir les relations humaines qui sont en jeu ?

Source : https://www.cairn.info/revue-etudes-2010-12-page-631.htm#s1n4

La notion de care a surgi sur la place publique en France suite à une déclaration de Martine Aubry : « Il faut passer d’une société individualiste à une société du care, selon le mot anglais que l’on pourrait traduire par “le soin mutuel” »

Le care, qu’est-ce à dire ?

Les théories ou philosophies dites « du care » trouvent leur origine dans une étude publiée par Carol Gilligan en 1982 aux Etats-Unis. Celle-ci met en évidence, à travers une enquête de psychologie morale, que les critères de décision morale ne sont pas les mêmes chez les hommes et chez les femmes. Là où les premiers privilégient une logique de calcul et la référence aux droits, les femmes préfèrent la valeur de la relation, s’orientant d’après ce qui peut conforter les relations interpersonnelles, développer les interactions sociales. 

Selon les théories du care, celui-ci est présenté tantôt comme une disposition (une aptitude), tantôt – ou simultanément – comme une activité (une pratique concrète, en général socialement reconnue ou instituée)

Aspects du care

Appelons « sagesse pratique » ce care qui articule la vertu morale et l’activité : intelligence des situations particulières, réponse adéquate et adaptation au contexte. 

  1. Le premier aspect du care est défini comme caring about, « se soucier de »
  2. Vient ensuite l’aspect du taking care of, « prendre en charge » 
  3. Suit la dimension du care giving, « prendre soin »
  4. Tronto termine sa description du processus du care par le care receiveing, « recevoir le soin »

Qu’est-ce qui du care s’éduque ? 

  1. L’attention
  2. La responsabilité
  3. La compétence
  4. La capacité de réponse

A quoi nous éduque le care ?

Le care permet de redonner une place à la vulnérabilité dans le lien social. Alors que le libéralisme tend à exclure la vulnérabilité de la place publique, les éthiques de la sollicitude en rétablissent la visibilité.
En mettant en évidence les liens d’interdépendance, les philosophies du care valorisent la réciprocité dans la relation de soin.
Ainsi, le rôle de l’attention est bien d’identifier non seulement les besoins mais encore les capacités (ou « capabilités ».
Le regard du care autorise un point de vue renouvelé sur l’autonomie, tant revendiquée par les individus et caractérisant nos sociétés libérales. Il nous rappelle que l’individu absolument rationnel et autonome est une fiction, ou un modèle abstrait ; que nous sommes tout à la fois autonomes et vulnérables ; que l’autonomie s’acquiert, puis varie au long de l’existence.